Gabès: La responsabilité sociétale du pôle chimique engagée
Published on 13 avril 2012 Posted in Actu, Ecologie, Ecotechnologies, Etude de cas, Hi-Tech
Le pôle chimique de Gabès peut adopter la chimie verte et mettre en œuvre les écotechnologies pour assurer sa croissance et son avenir, maintenir l’emploi, restaurer l’environnement et aborder le développement régional.
Ce 6 avril 2012, j’étais à Gabès près d’un déversoir du Pôle chimique pour la fabrication du phosphate. Un exutoire directement à la mer.
Je peux également témoigner des fumées industrielles qui brouillent l’horizon, des odeurs pestilentielles qui envahissent les oasis sous le vent – Gabes, les quatre seuls oasis connus sur le littoral méditerranéen, un patrimoine écologique unique et en danger -, les fumeroles jaunâtres qui s’échappent de torchères, les dépôts de particules fines qui encrassent tant le linge séchant dehors que le toit des voitures qui séjournent trop longtemps – 15 à 30 min suffisent!-, près du zoning, les concrétions de cristaux de soufre qui jonchent le sol tels des boutons d’or dans les verts pâturages belges, les boues industrielles qui s’accrochent à la végétation des marais dont j’ignore et ne comprends pas comment elle survit… encore.
Mon point de vue sur cette situation? La mise en œuvre des écotechnologies, car le maintien de l’outil de production garanti la pérennité de l’activité. L’emploi. L’emploi ensuite et aussi la paix sociale! Et enfin la protection de l’environnement. Pour un environnement de meilleure qualité pour la population locale. Pour le retour de l’activité touristique. Matmata est à quelques kilomètres seulement et Djerba la douce à quelques encablures dans le golfe de Gabès.
Investir aujourd’hui dans les écotechnologies c’est être riche demain.
Le pôle chimique que j’ai visité fait partie de la génération de l’industrie chimique (très) lourde, qui n’a pas évolué depuis 20-30 ans! Un vestige du passé. Le symbole de l’industrie d’un président déchu. Ce qui explique en partie la grande animosité du public. Une usine qui souffre du gel (chronique) des investissements.
Il faut protéger l’emploi local pour les habitants de la région. Mais une usine sans hommes et sans employés est un non sens. On m’a parlé de cancers, de maladies respiratoires, de maladies de la peau! Les gabétiens, avec qui j’ai parlé, sont désespérés pour leur santé et la mise en danger de leur environnement. Les pêcheurs disparaissent avec les coquillages, crevettes, chevrette (Parapenaeus longirostris) et poissons qui faisaient leur richesse autrefois.
Et donc, l’usine se doit également de protéger la population et son environnement. En trente années, l’industrie chimique a changé. Le procédé industriel me semble obsolète. Mais la lutte est inégale: l’industriel et l’investisseur public d’une part. La population locale et les organisations de la Société civile tunisienne pour la protection de l’environnement dont Gabès horizon d’autre part. Le pot de terre contre le port de fer.
Une société d’État aussi. Comme la Tunisie s’oriente vers une décentralisation du pouvoir (suite aux excès précédents), elle s’oriente vers un renforcement du pouvoir local, le Gouvernorat et la Société civile qui s’organise et se mobilise sur des thèmes qui font sens pour la population aspirant à la démocratie. Et un climat social actuel peu propice au dialogue dans la Tunisie qui utilise la grève, pour marquer son mécontentement sur certaines réformes en cours.
Ce problème est émouvant. Il m’a ému et je souhaiterais contribuer à une amorce de solution.
Mais l’action est difficile à ce niveau de l’industrie chimique lourde et doit être collective. Elle est possible et les éco-technologies peuvent apporter une solution. J’ai rencontré samedi 7 avril deux émissaires de BASF: ‘the chemical company‘.
BASF – Ludwigshaven (Allemagne) est un pôle chimique de bien plus grande envergure que le pôle chimique de Gabès. La chimie ‘verte’ est bien réelle chez BASF. Les normes et techniques environnementales sont mises en œuvre à Ludwigshaven. La ville est verte et étendue, symbole de prospérité, de croissance économique, d’emploi et d’un environnement de qualité.
Ces deux émissaires ont eu vent d’un vaste projet pour la réalisation de 30.000 habitations sociales sur tout le territoire tunisien. BASF a développé un produit et des matériaux de construction qui pourraient relever le défi.
J’ai insisté auprès de ces deux émissaires MM Sami Turki DG Dreamland et Radhouane Kamoune PDG ISL Group, en prospection pour des investissements industriels pour des matériaux de construction utilisant le Néoport™, pour qu’ils contactent Pol.i.Tech et son Directeur général Si Ammar Ben Rhouma, dans le cadre de leur projet d’investissement et relayent cette préoccupation pour un environnement plus sain à Gabès, auprès de la Direction de BASF.
La direction de BASF, en face de la Direction du Pôle chimique de Gabès: le premier candidat investisseur, le second bénéficiaire indirect de cet investissement. Deux interlocuteurs susceptibles de ‘parler un même langage’ pour améliorer la situation existante.
Affaire à suivre, comme on dit. Et je la suivrai.
Je ne parle pas tunisien: mais j’aime la musicalité de cette salutation au peuple tunisien qui aspire profondément à la démocratie: wa salam alaikum wa rahmatullâh wa barakatu.

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