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Vulgariser la construction en terre avec AVN pour le développement économique local
Published on 30 novembre 2011 Posted in Construction durable, Ecologie, Etude de cas
L’Association de la Voûte Nubienne (AVN) se lance dans le déploiement à grande échelle d’un marché de bâtiments sobres en carbone et générateurs d’une économie vertueuse dans l’atténuation du Changement du climat. Depuis 2000, Thomas Granier, un entrepreneur français, Seri Youlou, un cultivateur Burkinabe, et une équipe de jeunes volontaires – professionnels, dopés de dynamisme et d’idéalisme -, mènent un projet de développement collectif au Burkina Faso avec la générosité du public (des fonds privés). 1.300 voûtes nubiennes abritent maintenant 10.000 personnes. Elles représentent 9,7 km de constructions, 533 chantiers, 214 maçons AVN, 296 apprentis, 1.800 arbres non coupés, 15.000 tôles non-importées, 750.000 € d’impact sur l’économie locale pour budget annuel de 250.000 €. 36% de taux de croissance annuelle moyen depuis le début du programme. AVN Tableau de Bord (28).
La construction en Terre? Certaines idées et pratiques marginales d’Ecolos dans les pays du Nord – que les professionnels regardent avec condescendance -, font plus de sens dans les pays du Sud et sont porteuses de développement, de croissance économique et d’espoir pour les populations. C’est peu de chose que témoigner un soutien à ceux qui œuvrent à la coopé.
CAP sur 100.000 réalisations AVN à l’horizon 2020 avec le soutien des pouvoir public: le Fonds Français pour l’Environnement Mondial et l’Agence Française pour le Développement. Le défi AVN pour les prochains mois.
Pour l’immédiat: Aujourd’hui, 400 personnes investissent une moyenne de 10 €/mois pour la Voûte Nubienne… Avec 3.000 investisseurs à 5 €/mois, les permanents d’AVN pourront se libérer de la recherche de fonds et optimiser leurs actions de terrain et maximiser les impacts sociaux. JE CLIQUE MAINTENANT POUR SOUTENIR LA VOUTE NUBIENNE
La voûte nubienne: un mode de construction ancestral en briques de terre sèches pour garantir l’accès pérenne des populations sahéliennes vivant de l’agriculture à un habitat durable, adapté et écologique à très faible empreinte carbone en agissant à la fois sur des mesures d’adaptation au changement climatique et de mitigation. Lire aussi Association Voûte nubienne: développemement et construction durable en Afrique
Pour se loger, les habitants n’ont actuellement d’autre solution que de puiser dans leur budget d’alimentation, de santé et d’éducation pour acheter du ciment, des chevrons et des feuilles de tôles. Les toitures traditionnelles sont de qualité médiocre. Les toits de tôles sont inconfortables (absence d’isolation thermique et acoustique du bâtiment, perte des usages du toit-terrasse), dangereux (mauvaise résistance aux vents et pluies) et non durables (taux de remplacement des bois entre 2 et 4 ans, et des tôles entre 5 et 7 ans). En outre, l’achat de ces matériaux d’importation est incohérent avec les économies locales (majoritairement informelles). Ces dépenses pour les matériaux importés, rentrant dans un système macroéconomique, desservent le développement local durable.
Pour améliorer l’habitat rural, une association française « la Voûte Nubienne » (AVN) a développé une méthode de déploiement de marchés de constructions entièrement en terre reprenant la technique ancestrale de la voûte nubienne et l’adaptant aux conditions soudano-sahéliennes.
AVN a mis au point une solution innovante de diffusion de cette technique constructive s’appuyant sur le compagnonnage et un constat de terrain selon lequel : seule une technique constructive adaptée et validée, maitrisée par des entrepreneurs de métier, au sein de marchés amorcés par des vulgarisateurs, donne un accès durable à une architecture adaptée le plus vite possible, pour le plus grand nombre de bénéficiaires.
Le dispositif est conçu selon un triptyque : un toit, un métier, un marché.
- Un toit: un produit – la voûte nubienne – conçu, testé et validé, utilise des matériaux locaux, notamment la terre crue, permet la réalisation de bâtiments confortables et solides, sans ciment, bois ou métal.
- Un métier: une offre testée et validée. Les artisans maîtrisent le processus de transmission de leurs compétences. Tous sahéliens et en grande majorité agriculteurs, ils passent en 5 étapes du statut d’apprenti à celui de maçon puis deviennent chef de chantier et entrepreneur, responsables du processus de compagnonnage.
- Un marché: la demande est satisfaite grâce à une méthode en deux phases d’amorce et de développement du marché de la voûte nubienne. Ces deux phases permettent aux habitants d’accéder aux maçons qui leur vendent une voûte nubienne. L’amorce est établie à partir de personnes clés locales, au sein de villages et de régions pilotes. Un marché semi-autonome émerge ainsi progressivement. AVN assure la coordination de la vulgarisation du concept. Avec le temps, le marché devient autonome et ne nécessité plus de soutien d’AVN.
Depuis 2000, en faisant largement appel à la générosité du public, AVN a franchi avec succès les deux premiers paliers de son programme de vulgarisation :
- dès 2002: de 1 à 10 réalisations pour tester et éprouver le concept technique de la voûte nubienne ;
- Jusqu’en 2010: de 20 à 1.000 réalisations pour tester et éprouver le métier de « maçon voûte nubienne», et les bases d’une méthode de vulgarisation de la VN.
AVN a ainsi permis à ce jour l’édification de plus de 1.300 voûte nubienne pour un prix moyen équivalent à 400€/ voûte nubienne, correspondent à près de 10 km linéaires de logements réalisés par plus de 200 maçons, pour 10.000 bénéficiaires. AVN a établi une série d’indicateurs de performance environnementale économique et sociale. Sur dix ans, le taux de croissance annuelle moyen de voûte nubienne est supérieur à 30%, les économies de gaz à effet de serre de plus de 2.600 tonnes eq.CO2, et les économies locales estimées à plus de 450.000€. AVN a réalisé diverses expériences pilotes au Burkina Faso, Mali, Sénégal, Zambie.
Sur base de cette expérience, l’enjeu d’AVN est maintenant de massifier le marché pour élargir ses impacts, en passant de 1.000 à 100.000 voûtes nubiennes à l’horizon 2020 et de 10.000 à 1.000.000 de bénéficiaires. Le but du projet FFEM est de valider d’ici 2016 une stratégie de déploiement de sa méthode d’amorce et de déploiement de marchés locaux pour la voûte nubienne, à l’échelle régionale et sous continentale, et permettre ainsi une réelle ‘massification’ des logements en voûte nubienne tout en développant les capacités d’AVN et de ses partenaires à appliquer cette stratégie dans les l’ensemble des pays de types sahéliens d’ici 2020.

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Travailler avec les économies émergentes et en voie de développement pour une croissance verte
Published on 8 octobre 2011 Posted in Actu, Agenda
Soutenir le développement d’une économie verte est l’un des deux thèmes majeurs de Rio+20, la conférence des Nations Unies sur le développement durable fixée pour Juin 2012 au Brésil.
L’Europe a fait des efforts considérables pour encourager l’émergence de l’éco-innovation pour soutenir la croissance verte au travers de son Plan d’Action pour les Technologies environnementales (Lire aussi 21 Questions to improve ETAP communication). ETAP – acronyme d’Environmental Technologies Action Plan, ou plan d’action en faveur des écotechnologies -, est une initiative conjointe adoptée en 2004 par la Commission européenne, les États membres et l’industrie. Ce plan vise à supprimer les obstacles qui entravent le développement des technologies liées à l’environnement, les «écotechnologies», grâce à l’adoption d’une série de mesures en faveur de l’éco-innovation et de la diffusion de ces technologies.
En quarante années de prise de conscience environnementale (depuis la Conférence des Nations Unies de Stockholm), j’ai toutefois constaté dans mon Ebook ‘Economie verte: Maintenant!’ que le développement durable peine à décoller. Téléchargez mon Ebook.
Le développement durable se profile non plus comme le moteur de développement, créateur net d’emplois verts, mais la voie à suivre, pour sauvegarder les emplois existants, dans une économie qui devra être plus verte pour maintenir une ‘certaine’ croissance. Puisse-t-elle faire sens et être porteuse d’espoir et de développement.
A l’exemple de deux associations que je soutiens: le GDA de Sidi Amor (Tunisie) et l’Association de la Voûte Nubienne (Burkina Faso, Mali, Sénégal), je constate également dans cet ouvrage que les concepts que nous développons dans nos sociétés prospères – malgré les crises économiques, sociales et environnementales qui ont tout les symptômes d’une crise durable – ont de puissants leviers d’actions là où tout est à faire.
Une aide accrue est donc nécessaire et pertinente pour les pays en quête de ‘nouvelle démocratie‘ et les ‘pays en développement‘ pour la mise en place d’une économie verte.
L’émergence d’un marché mondial véritablement vert offre une opportunité majeure pour l’Europe et les entreprises européennes. En particulier les pays du BRIC – Brésil, Russie, Inde et Chine – mais pas seulement.
Un rapport établi par l’ONU (En anglais: Towards a green economy. Pathways to Sustainable Development and Poverty Eradication) avec des économistes et des experts du monde entier montre clairement que le verdissement de l’économie propose un nouveau moteur de croissance, qu’il est un générateur net d’emplois décents et que c’est aussi une stratégie vitale pour l’élimination de la pauvreté persistante. Le rapport vise aussi à motiver les décideurs à créer les conditions propices à des investissements accrus dans la transition vers une économie verte.
Je me rends demain au 11ème Forum européen sur l’éco-innovation, qui se tiendra en Finlande les 11 et 12 Octobre. Ce forum cherchera à identifier les opportunités mondiales pour l’éco-innovation et les opportunités de marché vert entre les pays développés et en développement. Le Forum examinera des exemples pratiques, identifiera les défis et les barrières et formulera des recommandations destinées aux politiques pour augmenter le marché mondial vert. Ces recommandations contribueront à l’élaboration de la position de l’UE à la conférence de Rio+20.
Je vous en rendrai compte.

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Fin du premier camp d’architecture en terre au GDA Sidi Amor
Published on 7 août 2011 Posted in Actu, Construction durable, Etude de cas
Le Groupe de Développement Agricole (GDA) de Sidi Amor achève son premier camp d’architecture en terre sur le thème de l’écoconstruction et des matériaux locaux du site. Il développe sa page Facebook Ecoconstruction Sidiamor dont je suis fan.
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© Crédit photographique : courtoisie de Jaber (GDA Sidi Amor)
Ce mois de juillet était consacré à la construction en terre, à travers un chantier expérimental associant un groupe d’étudiants en architecture, des professeurs de l’ENAU, les membres du GDA, des formateurs et artisans et des experts étrangers venus transmettre leur savoir-faire et leur expérience.
Le 16 juillet, le GDA organisait une journée de conférence – débat sur l’écoconstruction avec Massimo Facchinetti, architecte italien, qui en a montré – démontré la modernité.

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Stage d’architecture en terre à Sidi Amor
Published on 3 juillet 2011 Posted in Actu, Agenda, Construction durable, Etude de cas
Le Groupe de développement agricole (GDA) Sidi Amor – Borj Touil (Tunisie) organise un camp d’été du 7 juillet au 6 août 2011 avec 14 étudiants de l’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme (ENAU) de Sidi Boussaid et 2 architectes pour sensibiliser des étudiants de 1er et 2ième cycle en architecture aux techniques de constructions alternatives et promouvoir des matériaux de constructions et techniques de constructions traditionnels.
Six conférences introduiront le stage au cours d’une journée spéciale de présentation du stage le 6 juillet:
- Mr Bou Bakr: La technologie de la construction en terre.
- Mr Mamdouha Blaiech: Opération Testour - terre et matériaux locaux.
- Mr Fakher Kharrat: Travaux de restauration et réhabilitation, modèle de Nafta.
- Mr Abdel Malik Ghannen: Techniques high-tech : présentation des briques de terre stabilisées, compactées et vibrées.
- Mr Amine Torchani: Construction en terre dans l’architecture contemporaine.
- MM Eric Lamy et Thierry Jaber: Etude énergétique d’une maison en paille.
Le programme du stage d’architecture en terre inclut:
- le relevé et l’analyse d’échantillons de terre prélevés sur le site,
- la présentation de la BTC et des enduits,
- des exercices pratiques: par exemple faire une voûte, des fondations, réaliser des briques de terre comprimées, faire des enduits etc…
- des analyses de contraintes et l’identification de solutions,
- des esquisses et plans de projets de constructions du éco-hameau de Sidi Amor,
- la réalisation de maquettes en argile,
- l’identification de pistes de réflexions pour améliorer les performances des briques de terre comprimées,
- un séminaire de réflexions sur la réalisation d’un projet plus vaste d’éco-hameau à vocation éco-touristique à Sidi Amor.
Chaque stagiaire fera un rapport à l’issue du stage et le GDA fournit l’attestation de stage qui sera validée par un cabinet d’architectes.
Quelques conseils d’EcoPilot et du Dr Christian Dédé pour amorcer la Normation des Briques de terre comprimées.
Le GDA de Sidi Amor envisage la création d’un centre de formation à la construction alternative, dont ce stage est une nouvelle étape supplémentaire.
Les briques de terre comprimées sont souvent utilisées dans des projets pilotes en auto-construction, sans réel souci de généralisation du procédé par les professionnels. La caractérisation technique des matériaux peut toutefois y remédier et lever certaines barrières à la mise en œuvre du précédé à plus large échelle, par exemple, au travers de projet d’Amorce de marché ainsi que développé par l’Association de la Voûte Nubienne.
Nous avons amorcé à Sidi Amor une discussion sur la façon d’échantillonner (correctement et scientifiquement) la terre pour déterminer les caractéristiques des BTC réalisées.
L’idée est de fournir au CTMCCV (le centre tunisien de conseils techniques sur les matériaux de construction, la céramique et le verre) des échantillons de terre pour :
- déterminer les propriétés granulométriques et physiques des briques en fonction de la terre/argile utilisé
- déterminer les caractéristiques techniques des briques réalisées par le GDA
- éviter l’utilisation de lots de briques avec des caractéristiques insuffisantes dans la construction
- amorcer une base de données sur les caractéristiques des sols tunisiens utilisés pour des constructions en terres et compléter les bases de données existantes
 Échantillonnage pour caractériser des briques de terre comprimées
NOMENCLATURE D’ÉCHANTILLONNAGE
Pour identifier correctement les échantillons, développez une nomenclature en utilisant les éléments suivants:
- Gi: représente les divers Gisements de terre numérotés de 1-n qui seront exploités, y compris des gisements de couleurs différentes : verdâtre, jaunâtre et brunâtre identifiés à divers endroits de la ‘montagne’;
- Ca: Représente le numéro de chargement des camions de transport depuis le gisement jusqu’au lieu de fabrication des briques Ca 1-n;
- Pa: Représente les palettes de briques Pa 1-n constituées par jour travaillé;
- Jo 1-22: Représente les jours travaillés du 7 juillet au 6 août;
- Ec: Représente les échantillons journaliers de 1 à 4 le prélèvement d’échantillons de terre à 9h – 11h pour le travail matinal et à 15h et 17 h pour le travail de l’après-midi. Soit des échantillons prélevées après 1 heure de travail et une heure avant chaque arrêt de travail en matinée et en après-midi, soit 4 échantillons de terre par jour.
Un code 1.3.7.10.2 représenterait un échantillon prélevé dans le premier gisement de terre exploité, lors du troisième transport en camion, disposé sur la palette N°7, lors du 10ième jour de travail vers 11 h du matin.
Chaque échantillon de terre à remettre au CTMCCV représente un poids approximatif de la terre 300-400 g chacun. Chaque dernière brique réalisée leur sera également remise et portera le même numéro d’échantillon.
Jaber et Nour mettront en œuvre les essais empiriques de CRATerre sur le double des échantillons de terre (avec la même numérotation) pour établir d’éventuelles corrélations avec les mesures de laboratoire du CTMCCV et enregistre tous les résultats dans son cahier de chantier.
MESURES PRÉLIMINAIRES
Trois paramètres doivent être mesurés à différents stades de la chaîne de production:
La granulométrie. Elle doit être mesurée au préalable, avant de se lancer dans la fabrication des briques, pour évaluer la qualité des gisements sur le site. Il s’agit d’analyse de sols classiques que le laboratoire du CTMCCV peut conduire. Il est peu probable que des teneurs en argile de 30 à 40% soient atteintes.
Pour économiser la force physique et la bonne humeur de Joseph (Youssef, apparemment seul à bosser sur l’illustration) effectuez ces mesures granulométriques préliminaires pour identifier les gisements de terre exploitables. Cet échantillonnage se pratique d’habitude à la tarière / sonde ou dans des profils pédologiques (fosse ou tranchée), selon les instruments dont vous pouvez disposer.
La teneur en eau. La teneur en eau est le principal paramètre à mesurer pendant la production des briques. La compressibilité du mélange en dépend fortement selon les essais Proctor. La teneur en eau optimale sera donc également définie au laboratoire par essai Proctor.
Sur le site, la teneur en eau du mélange utilisé pour la production des BTCs sera contrôlée en cours de production et de stockage. Il est préférable de préparer de gros volumes de terre avec une teneur en eau soigneusement ajustée (plutôt qu’une série de petits mélanges), et ensuite de couvrir le tas d’une feuille de plastique, afin de maintenir la teneur en eau constante. Eviter à la fois l’évaporation et l’infiltration des précipitations.
La résistance à la compression. La mesure de la résistance à la compression assure un contrôle de la qualité du BTC produite. Un minimum de recherche préalable doit être envisagé pour établir des corrélations entre des mesures sur des BTC fraichement sorties du moule et faciles à réaliser sur le site de production (dureté de surface, résistance à la compression, résistance à la flexion, ou autres paramètres …?) et les BTCs sèches qui seront mises en œuvre. Ceci suppose un peu de travail sur tableur (type .xls) et un peu de stats…
Quelques informations de base pour bien débuter ce stage d’architecture en terre à Sidi Amor
La brique de terre comprimée (BTC) est un produit naturel, sain et respectueux de l’environnement, lorsque le transport des matériaux est réduit.
Une brique de terre comprimée est un bloc de terre comprimée, non cuite, constituée d’un mélange d’argile, de sable (et parfois de gravier fin selon la taille du tamis utilisé). Les matières premières sont malaxées, moulées à froid et pressées mécaniquement. Les briques sont ensuite séchées naturellement à l’air libre pendant plusieurs semaines avant leur mise en œuvre.
Ces briques entrent dans la composition de murs ou de cloisons pour des bâtiments à usage privé ou public.
Mise en œuvre
Un mortier de terre avec du sable de rivière. Les BTC ont tendance à absorber très rapidement l’eau du mortier ce qui provoque du retrait et donc l’apparition de fissures.
Il est nécessaire de bien humidifier la face des briques avant de maçonner, sans excès, au risque de les faire ‘fondre’.
Les parements intérieurs réalisés en briques de terre comprimée ont tendance à être poussiéreux. Un badigeon de colle à papier peint fortement diluée (3 fois plus que pour encoller du papier peint selon les modes d’emploi) prévient la formation de poussière par frottement lors des passages.
Caractéristiques techniques (à compléper dans le rapport final):
- composition : argile, sable, gravier selon mesure granulométriques réalisées sur base de l’échantillonnage (à mesurer par le CTMCCV);
- dimensions : L x l x h (à compléter selon votre gabarit);
- poids: x kg (à mesurer sur les échantillons);
- conductivité thermique: ± 1,8 W/m.k (à mesurer par le CTMCCV);
- densité : ± 1.800 à 2.000 kg / m3 (à mesurer par le CTMCCV);
- capacité thermique massique : ± 0,3 Wh/kg.K (à mesurer par le CTMCCV);
- résistance mécanique à la compression : ± 6 à 7 Mpa (à mesurer par le CTMCCV).
Avantages / Inconvénients:
- la masse du produit mise en œuvre donne une bonne inertie thermique,
- la terre crue a une bonne capacité à absorber l’humidité de la pièce ou à la restituer lorsque l’air intérieur est trop sec,
- la masse contribue à diminuer la transmission des sons d’une pièce à l’autre,
- peu d’énergie nécessaire à sa fabrication et recyclabilité totale,
- matériaux écologiques ou « recyclés »,
- matériaux locaux,
- mise en œuvre, pose agréable et travail valorisant pour les maçons.
- Les briques non-stabilisées ne résistent pas à l’eau,
- Industrialisation difficile.
Brique de Terre compressée
La terre crue est utilisée dans la construction depuis des millénaires. Dans le monde, on estime à 30% le nombre d’habitations en terre. Les techniques d’utilisation de la terre crue (pisé, torchis, bauge…) varient d’une région à l’autre en fonction des caractéristiques de la terre locale.
La brique de terre compressée est le procédé le plus récent de mise en œuvre de la terre crue. Il s’agit d’un mélange riche en argile (> 30 – 40%), de sable, de granulats fins. Certaines briques de terre comprimées sont stabilisées par des ajouts de ciment ou de chaux (4%).
Après compression dans une presse, les briques sont séchées et sont montées comme les briques en terre cuite. Leur dimension est variable mais elle dépasse rarement les 30 cm de long par 20 de large. Mais des briques de grand gabarit existent.
Les difficultés d’industrialisation de ce produit dans nos régions d’Europe font que construire une maison tout en BTC est difficilement envisageable en Europe, du fait du poids du transport ainsi que du prix des briques et des matériaux mis en œuvre. En revanche, les BTC sont un matériau idéal pour apporter de l’inertie à une maison à ossature bois par exemple.
Variante de la BTC, l’adobe est une « brique » non compactée. On y incorpore souvent des fibres qui permettent d’éviter la fissuration et d’augmenter leur pouvoir isolant.
Les adobes craignent la pluie et doivent dans le cas de murs extérieurs ,être protégées par un grand avancement de toit ou être enduites.
A consulter
N’hésitez pas à laisser un commentaire sur le site pour ajuster ce protocole d’échantillonnage selon vos besoins

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Association Voûte nubienne: développemement et construction durable en Afrique
Published on 1 juillet 2011 Posted in Construction durable, Ecologie, Etude de cas, Outils
En Afrique sahélienne (entre le Sahara et l’équateur), près de 200 millions de personnes doivent trouver une solution pour la construction de leurs toitures en réponse à la déforestation et à la désertification qui font disparaître les bois habituellement utilisés pour la construction. L’Association Voûte Nubienne (AVN ) travaille depuis une dizaine d’années au Burkina Faso, Mali, Sénégal et maintenant en Zambie pour implanter des constructions en briques de terre et voûtes, dites voûtes nubiennes et contribuer au développement durable de zones rurales. L’AVN, c’est maintenant 4 pays, 10.000 bénéficiaires, 176 maçons formés, plus de 1.300 voûtes, un taux de croissance de 40% l’an, plus de 500.000 € d’impact économique local (dans un monde d’économie non formelle), 44 bénévoles et salariés, 300 investisseurs sociaux et un budget annuel de 350.000 €, qui doit passer à court terme à plus de 500.000 € pour garantir les projets en cours.
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© Crédit photographique : courtoisie de Mathieu Hardy (AVN)
Au Sahel, la majorité des familles puisent dans leurs faibles budgets d’alimentation, de santé, d’éducation, pour acheter des tôles et des chevrons. Ces matériaux sont chers, car importés, sans confort thermique, acoustique et d’usage. Ils sont dangereux par leur mise en œuvre qui donne une mauvaise résistance aux vents et aux pluies abondantes.
Les tôles seront à remplacer tous les 7/10 ans. Les familles qui optent pour les toitures de tôle sont donc enfermées dans un cercle vicieux de pauvreté et d’inconfort. Elles n’ont aucune solution durable pour se loger décemment, et cette situation coûte cher aux économies locales très fragiles.
La voûte nubienne est une technique égyptienne ancestrale. Elle permet la construction de toitures voûtées entièrement en terre: sans bois, sans tôle et sans ciment. La voûte nubienne est donc une solution constructive idéale pour ces zones aux économies fragiles. La voûte nubienne présente aussi une alternative de construction durable avec un bon potentiel de développement socio-économique :
- Elle est solide, confortable et durable.
- Elle restaure l’usage du toit-terrasse.
- Elle est modulable dans le temps et l’espace.
- Alors que l’argent manque et que la main d’œuvre abonde, la terre utilisée pour la voûte nubienne est gratuite et la main d’œuvre, hormis celle des maçons, n’a pas besoin de qualification particulière.
L’Association la Voûte Nubienne a mis en place cinq niveaux de formation:
- l’apprenti débutant qui fabrique les petites briques,
- l’apprenti confirmé,
- le maçon qui construit une voûte nubienne,
- l’artisan qui gère un chantier,
- l’entrepreneur qui gère plusieurs chantiers.
Ils sont tous d’abord cultivateurs et ils apprennent le métier de maçon sur le terrain avec l’ Association la Voûte Nubienne:
- Ils font aussi la promotion de la technique voûte nubienne pour vendre leur savoir-faire localement.
- Ils supervisent ensuite les chantiers voûte nubienne, une fois qu’ils sont suffisamment formés.
- Ils transmettent leur savoir-faire à des apprentis qu’ils suivent sur plusieurs chantiers, et ils échangent des retours d’expérience avec d’autres maçons pour assurer leur progression.
- Ils sont payés à 100% par leurs clients, en monnaie, en échanges ou en troc.
- Ils construisent des maisons simples ainsi que des bâtiments publics en Voûte Nubienne, dont des mosquées.
- Ils collaborent enfin tous avec l’Association la Voûte Nubienne : pour transmettre des informations sur le marché, les clients, les apprentis et participent à des réunions pour échanger des informations avec d’autres maçons. Certains d’entre eux prennent même part à des actions de vulgarisation qui dépassent leur métier d’artisan, et ils sont ponctuellement indemnisés par l’Association la voûte Nubienne.
Amorcer un marché en 6 phases
J’ai rencontré Mathieu Hardy à Tunis fin mai lors de l’atelier international ‘le bâtiment écologique – choix stratégique et facteur de développement’. Mathieu est architecte français et volontaire de solidarité internationale au Mali. Les relations entre le Mali et la France sont assez tumultueuses: trois coopérants y sont morts récemment: Michel GERMANEAU (Juillet 2010), Antoine de LÉOCOUR et Vincent DELORY (Janvier 2011) et 4 ressortissants français sont toujours retenus en otages. Nous pensons toujours et encore à eux en ce lendemain de libération en Afghanistan de Hervé GHESQUIÈRE et Stéphane TAPONIER. Il met en place une stratégie d’actions pour amorcer le marché de la voûte nubienne sur des territoires où il n’y en a pas.
La méthode est bien structurée et efficace. Mathieu nous explique la méthode «AMORCE» de l’Association la Voûte Nubienne:
- Dans un «Village-Pilote», c’est-à-dire un village étendu composé d’un village principal et de ses satellites directs, je repère une personne-clé, convaincue par la technique voûte nubienne et convaincante localement.
- J’accompagne cette personne-clé pour sensibiliser et valider un premier groupe de clients et d’apprentis intéressés et j’ouvre ainsi la porte du marché voûte nubienne.
- J’envoie un artisan voûte nubienne pour lancer le marché local de la voûte nubienne. Payé par les clients locaux, l’artisan va construire leurs maisons tout en formant les premiers maçons locaux «sur le tas». Je l’accompagne ponctuellement, ainsi que la personne-clé, pour que le marché se développe au mieux.
- Au fur et à mesure des années, soit après 4 à 5 ans, les sensibilisations, les constructions et les formations sont suffisante pour permettre l’autonomie du marché local et donc mon retrait et celui du maçon.
- Dans un rayon d’une 40aine de km autour de ce Village Pilote, d’autres villages connaîtront le même processus à leur tour, faisant émerger une «Zone-Pilote».
- De même, d’autres vulgarisateurs voûte nubienne permettront de proche en proche l’émergence d’autres Zones-Pilotes qui permettront enfin l’émergence de «Régions-Pilotes» dans un rayon d’une centaine de kilomètres.
Les équipes de vulgarisateurs déployent la méthode « Amorce » à partir de niveaux complémentaires :
- l’amorce villageoise, qui est un déploiement à partir d’un Village-Pilote,
- l’amorce zonale, qui est un déploiement à partir d’une Zone-Pilote composée de plusieurs Villages-Pilotes et enfin
- l’amorce régionale, qui est un déploiement à partir d’une Région-Pilote composée de plusieurs Zones-Pilotes.
L’Association la voûte Nubienne dispose également d’un véritable programme de vulgarisation dont l’objectif est de tisser un réseau d’équipes régionales pour mailler progressivement le Sahel en se retirant au fur et à mesure des premiers territoires une fois ceux-ci «amorcés».
L’Association la voûte Nubienne a fixé ses propres indicateurs permettant de repérer un marché «Amorcé» et donc considéré comme Autonome:
- le nombre de nouvelles maisons bâties en voûte nubienne (50%),
- le pourcentage de la population touchée (5%).
C’est ainsi que l’Association la voûte Nubienne propage son modèle constructif de proche en proche et à grande échelle, tout en se retirant progressivement des territoires devenus autonomes. Moi aussi, je désire soutenir le programme « pour des Toits de Terre au Sahel »

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| Je m’appelle Éric LAITAT. Je travaille dans les métiers de l'Environnement et du Développement Durable depuis plus de 20 ans.
Mon EBook 'Économie verte: Maintenant!' entend partager une vision, définir un projet, utiliser les instruments et mécanismes de financements de l'Europe. Des méthodes pour mettre en œuvre ses idées et ses ambitions, travailler enfin en réseau à l'échelle du Monde et développer une Économie verte et prospère dans l'intérêt de tous
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